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Corona Festival 2019 - Prendre de la hauteur pour plus de basse

#CHILI


Le 24 août dernier, le festival de la marque de bière Corona est revenu pour sa cinquième édition hivernale. Après quelques doutes sur sa localisation, c’est bien au Mirador Pangue, au Nord de Santiago et à 1500 mètres d’altitudes qu’il eut lieu, offrant aux festivalier·es une vue imprenable sur la Cordillère des Andes.


Une programmation locale et internationale


Au menu : techno, house, live et dj sets… artistes locaux comme internationaux, pour une journée de fête dans les nuages.


Matanza était selon nous la tête de liste de l’armada chilienne accompagné du talentueux du Faro Beat et de la bande de Colayuta. C’est principalement pour eux que nous sommes venus au Corona. Leur productions sont un savoureux mélanges de sonorités andines et de musique électronique qui représente parfaitement la richesse de la scène électronique chilienne.


Mitú (Colombie) et Juan Campodonica (Uruguay) complétaient la partie latino-américaine du line-up. Le Nord aussi était à l’honneur au Corona festival avec les artistes Pierre Kwenders (Canada), Crussen (Suisse) et Chelina Manuhutu (Hollande). Cette dernière étaient présentée comme la tête d’affiche de l’édition et s’est chargée du closing avec un set de Techhouse furieux.


Pour te donner une idée de la richesse de la prog’ on t’a concocté une playlist !




Et sur Youtube par ici !


Un lieu exceptionnel, dans les nuages


Nous arrivons un peu avant 14h sur le site du Mirador Pangue excitée par le lieu et ces basses qui résonnent au loin. Au milieu de nulle part, avec vue imprenable sur la Cordillère, fin prêt·es pour une journée de musique exceptionnelle. Le festival proposait des bus de transfert depuis Santiago mais la solution U*** (célèbre service de VTC que nous ne nommeront pas) revenait finalement moins cher à quatre et plus rapide.


En arrivant, les bénévoles nous remettent notre bracelet cashless. Nous ne nous étendrons pas sur le sujet mais il est important de savoir qu’après le festival, la page dédié au festival sur le site de la marque avait disparu nous laissant orphelin·es des quelques deniers restant sur la puce. Néanmoins, rien à dire l’expérience n’en a été que facilitée : aucune attente au bar, un des gros avantages du festival.


Un coucher de soleil magnifique sur le Corona festival et la Cordillère des Andes


Bon parlons musique.


Nous arrivons donc à 14h, une heure après le début du festival. Parmi les nombreux artistes présents, nous avons décidé de vous partager ceux qui nous ont le plus marqué·es.


Nous arrivons pour le set de Crussen, dj/producteur suisse. Pour nous mettre dans l’ambiance, le dj avait prévu un set deep house/techno mélodique accompagné à l’harmonica, un régal. Sans jamais dépasser les 120 BPM, le suisse nous offre un moment de détente rythmé et chaleureux, parfait pour commencer une bière à la main, et les yeux fermés des quelques personnes présentes, ainsi que leurs sourires ne viendront pas nous contredire.



Crussen, DJ suisse en train de chauffer le Corona Festival 2019


C’est ensuite l’uruguayen Juan Campodonico qui prend les commandes et, s’adaptant parfaitement au set précédent nous livre un set entre nappes amblent experimental et techno mélodique pour accélérer un peu le rythme sans trop brusquer un public qui semble extrêmement motivé pour la suite des événements.


Et un ou deux sets plus tard, c’est la claque. Les six chiliens de Colayuta arrivent sur la scène et pas pour faire de la figuration. Le public devient fou sur leurs rythmes funks, leurs kicks puissants et leurs chansons entraînantes. Tout le monde, les bras en l’air, saute dans tous les sens, c’est la folie. L’énergie libérée par le groupe passe par les membres de tout le public et semble changer complètement l’ambiance du festival… on t’invite à aller découvrir ce groupe qui vaut vraiment le détour !


A l’exception de Pierre Kwenders qui nous a régalé·es avec son savant mélange de techno, chant et sonorités africaines, c’est bien la scène latino-américaine qui est à l’honneur ce 24 août. Le colombien Mitú en fin d’après-midi nous offre un live electro-instrumental incroyable. Kick rond et puissant, son de flutes traditionnels, electro spatiale… l’artiste a tous les ingrédients pour nous faire voyager haut dans les andes, si loin qu’on a maintenant besoin d’une petite pause.


On revient ensuite pour profiter du dj set hybride du duo peruano-chilien Faro Beat. Avec leur musique à la frontière entre deep, house et jungle, teintée de sonorités traditionnelles péruviennes, le duo inaugure la soirée avec une nouvelle claque pour nous autres, habitué·es à une techno plus proche de celle des origines nord-américaines.


Pour clôturer le festival, les clefs sont données à la dj hollandaise Chelina Manuhutu. Et c’est le retour à la réalité, après avoir voyagé à travers les Andes, retour de la techhouse habituelle ici, peu savoureuse, peu originale, aux enchaînement de breaks volés à Martin Garrix et de track ou les basses cachent le peu de mélodie et de textures que peut avoir la musique. Attention, nous ne parlons pas de la techhouse en général. Nous parlons de celle qui partage les scènes des soirées “reggaeton/techno/house” qui feront l’objet d’un article plus tard, en résumé spoiler : “un peu de tout, beaucoup de rien”. Bon et puis on exagère un peu, ca restait puissant et nous préparait parfaitement pour l’after à Santiago.


Bilan


Cette cinquième édition du Corona Festival nous a offert une série de prestations diverses et variées, riches en métissages. Oui nous avons l’habitude de voir des lives en France aussi, mais ce qui nous a frappé ici c’est que la majorité des DJ étaient accompagnés de percussions, de guitare, de chants, d’harmonica… Le mélange des genres, l’intégration de sonorités traditionnelles à la musique électronique fut la recette d’une atmosphère exceptionnelle sur le festival. D’autant plus que le lieu, perdu à 1500 mètres d’altitude nous éloignait de la réalité et offrait une vue et un coucher de soleil exceptionnel.


Néanmoins nous sommes surpris· du peu de communication du festival. Il n’apparaît ni sur Facebook, ni Instagram, non plus sur le site du festival une fois les portes fermées, ni dans la ville sur des affiches. Nous sommes tombés dessus complètement par hasard au détour d’un article sur un site de presse chilien, ce qui peut expliquer que l’événement était loin d’être sold-out. Enfin, on ne va pas s’en plaindre, pour les festivalier·es présent·es, cette expérience demeure inoubliable.


Tanguy

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Graphiste : Alice Carnec