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Julio Jaramillo, le “Rossignol de l’Amérique”

Mis à jour : nov. 7

#EQUATEUR


Si tu as aimé la BO de Narcos, alors tu aimeras sans doute la voix chaude et la guitare chantante de cet équatorien devenu une icône pour son pays, Julio Jaramillo.


Une ascension rapide


Lorsque le professeur de musique Ignacio Toapanta emménage en face de chez lui, Julio découvre la musique par l’apprentissage de la guitare et en tombe vite amoureux. Il se construit sa propre guitare en bambou et commence à s'entraîner. Élevé dans un milieu modeste à Guayaquil sur la côte Pacifique, sa mère n’envisage pas d’un bon œil le rêve de son fils, et la vie de bohème qui l’accompagne.


Mais cette réticence n’empêche pas Julio de s’inscrire à de nombreux concours de radio qui lui permettront d’être révélé à l’âge de 17 ans. Lorsqu’il parvient à signer un premier contrat deux ans plus tard, il rendra tout de même hommage à sa mère en intitulant son disque en duo avec Fresi Saavedra : Pobre mi madre querida ou Ma pauvre mère adorée.


Et heureusement pour nous, l’histoire ne s’arrête pas là. Il sort l’année d’après la valse Fatalidad qui envahit les postes de radio, marquant le début de sa carrière professionnelle. En 1957 sort Nuestro Juramento, véritable succès qui lui permettra d’entamer une série de tournées à travers l’Amérique latine.

Du pasillo au bolero : une ode à l’amour


Rarement en manque d’inspiration, le chanteur aux 750 disques et aux 4000 enregistrements explore de nombreux genres à travers sa carrière, notamment grâce à ses voyages incessants. Il s’essaie au ranchera mexicain, à la valse péruvienne, ainsi qu’au boléro ou au tango dont il mêlera les rythmes à plusieurs reprises dans La Celda, Ni el olvido et dans l’un de ses plus grand succès Mi Locura.


Mais on ne peut pas parler de Julio Jarimello sans approfondir le sujet du pasillo, style musical inspiré de la valse, qui émerge chez les peuples autochtones des villages reculés d’Equateur, et deviendra l’une des musiques emblématiques du pays. Assez lents, ces airs sont interprétés traditionnellement avec une guitare et un rondin (sorte de flûte à bec). Parfois accompagnés d’une mandoline ou d’autres instruments à cordes, les mélodies sont mélancoliques et sentimentales. On y chante la désillusion, l’amour perdu, la nostalgie du passé, avec toujours au centre l’image de la femme aimée.


Son thème de prédilection est – vous l’aurez compris – l’amour. L’inspiration ne semble pas sortir de nulle part quand on sait que Julio Jaramillo s’est marié pas moins de 5 fois et aurait eu en tout (femmes et maîtresses comprises) 28 enfants. Et en se plongeant dans sa discographie et sa voix à la fois chaleureuse et sensible, on croit comprendre pourquoi…



Une vie mouvementée


Après huit ans d’itinérance et de création entre le Mexique, l’Argentine la Colombie ou le Venezuela, ponctués d’emprisonnements pour crimes contre les femmes ou non-respect des règles imposées par le tribunal pour mineur, il revient s’installer dans sa ville natale en 1975. Le pays est en liesse et de nombreuses réceptions sont organisées en son honneur. Ce retour festif marque le coup fatal pour sa santé après une vie d’excès. Il développe une cirrhose et meurt d’un arrêt cardiaque à 42 ans, seulement trois ans après son retour.


Julio Jaramillo charmeur sans égal semble malgré ses démêlés avec la justice avoir touché son entourage, comme le montre les 250 000 personnes qui se réuniront pour son enterrement. Il reste une légende pour l’Équateur si bien qu’est célébrée chaque 1er octobre, jour de sa naissance, le Día del pasillo ecuatoriano.


Alors si tu ne le connais pas encore et que tu as l'âme nostalgique, fonce écouter Reminiscencias, si tu es d’humeur dansante préfère Odiame. Tu peux également écouter notre playlist Cariño, qui rassemble quelques-uns de ses succès et d’autres très beaux morceaux de ses pairs. Mention spéciale à Noche Negra, pour ses accents dramatiques et son rythme joyeux.


La playlist est également disponible sur Youtube !


Camille & Elise


 

Graphiste : Alice Carnec